Le slow design : une quête d’authenticité

 

 

On assiste à un véritable déferlement de minimalisme et d’authenticité un peu partout dans le monde ! Mais que se cache t’il derrière cet engouement planétaire ?

Une simple envie de retour aux sources ? Ou une vraie peur de l’avenir ?

C’est dans les années 80 qu’est apparue cette notion de « slow », avec notamment le « slow food » (l’art de prendre le temps de manger) par opposition au « fast food ».

On a vu dès lors apparaître le « slow mouvement », au sein duquel s’inscrit tout naturellement le « slow design ».

 
 

Un concept holistique

 

Ce terme a été utilisé pour la première fois par le designer et écrivain Alastair Fuad-Luke au début des années 2000.

Le concept vient probablement de l’éco design, qui est un design responsable.

Le slow design pourrait se définir par l’exigence de la qualité et du bien-être. Comme une manière de conscientiser notre part de responsabilité.

N’est-ce pas finalement reprendre le pouvoir ?

Dans cette approche holistique de la consommation on ne néglige aucun aspect de la conception d’un produit. Plus question de se contenter uniquement de l’aspect économique.

Cela ne date pourtant pas d’hier, car déjà en 1971, le designer Victor Papanek, dénonçait dans son livre « Design for the real wold », les produits industriels et au-delà, la société et ses dérives. Il estimait que « Le design est une façon de regarder le monde, de le transformer ».

 

Vous l’aurez compris, ce mouvement favorise donc le recyclage, le développement durable, l’artisanat, mais pas seulement. Car le slow design implique aussi une notion de lenteur et donc de réflexion.

 
 

Prendre son temps

 

Prendre son temps pour concevoir et réfléchir à ce que nous voulons, à ce qui est utile, et aux implications liées à cette consommation. Prendre son temps pour connaître et maîtriser l’impact généré par les déchets afin d’améliorer notre qualité de vie.

Ceci implique de changer nos habitudes pour finalement nous sentir connecté avec tout ce qui nous entoure.

 

Être engagé

 

Respecter l’environnement

En créant des produits durables ou ayant un impact positif.

En encourageant le développement de meubles pratiques et esthétiques dans le respect de l’environnement et des hommes. Utiliser moins de ressources, recycler davantage, et favoriser l‘échange (de savoir-faire ou de ressources).

En freinant notre consommation, et en consommant mieux.

 

Privilégier l’aspect humain

En redécouvrant la main de l’homme qui façonne, qui pétrit, ou qui exécute à son rythme. Faire preuve d’ouverture et de partage pour finalement réapprendre la patience. Nous sommes devenus très impatients, même si nous ne voulons pas toujours l’admettre…

 

Donner du sens

En répondant à une demande, à un besoin précis, nous donnons du sens à un objet. Il n’est donc pas fabriqué à grande échelle, et peut être unique ou personnalisé.

Cet objet nous raconte une histoire, celle de sa conception. Il prend une toute autre dimension.

 
 

Se découvrir

 

Le slow design permet de revenir à une échelle plus humaine, et, à travers l’environnement, de se respecter.

Des objets uniques et originaux, régionaux ou locaux, du « fait main », des objets recyclés sont fabriqués en toute petite série.

On a vu ainsi l’explosion de sites internet qui donnent libre cours à la créativité de chacun et encouragent ce genre de démarche.

Créativité, confiance en soi, partage, ces valeurs longtemps mises de côté…

Petit bémol, ces objets sont plus chers et rentrent parfois même dans la catégorie « art ».

Mais faites le compte de tout ce que vous achetez de manière presque compulsive et souvent irraisonnée et vous aurez vite fait d’adhérer au concept.

 
 

Un fauteuil de Suzanne Westphal à tricoter. Il faut mettre la main à la pâte, plus on tricote, plus il devient confortable !

 

Une console en bois recyclée de Caroline Gomez

 

Une horloge qui tricote de Siren Elise Wilhelmsen. Cette horloge tricote sans interruption. Au bout de 365 jours, elle a produit un tube de 2 mètres de long. Symbole concret du temps qui passe !

 

Un miroir en bois entièrement tourné à la main

 
 

Être à sa juste place

 

Ce retour à une certaine authenticité nous permet de réfléchir davantage à nos besoins sur le long terme et nous replace finalement à notre place.

 
 

De l’aire industrielle à l’aire de la conscience

 

L’aire industrielle nous a permis de minimiser et maîtriser les coûts. Elle montre aujourd’hui ses limites. Elle a fait de nous des ultras consommateurs et nous a éloigné de nos savoir-faire, de nos connexions à la nature et aux autres.

Avez-vous remarqué à quel point le monde semble petit aujourd’hui ?

Quand Philéas Fogg faisait le tour du monde en 80 jours, nous l’effectuons aujourd’hui en quelques heures d’avion ou… quelques clics !

Qu’il s’agisse des déplacements ou de l’information, les technologies nous permettent de vrais petits miracles, et nous lancent un nouveau défi : ne pas confondre besoin et envie.

Mais le vrai miracle de cette décennie restera bien la volonté de l’Homme de se pencher un peu sur lui-même.

L’Humanité a longtemps considéré que la vitesse était le vecteur de la réussite. Pour cela, elle a même détourné certaines valeurs, enfreint quelques règles et n’a pas hésité à mentir, à se mentir… Mais, quelle ironie, la course effrénée ne nous a pas rendu heureux, ni satisfait.

Autant de vide, de pétages de plomb, de liens rompus, pour nous montrer qu’il est temps de prendre son temps pour vivre.

Notre culture du « fast » sans et avec un « e », nous a jeté dans les bras de son contraire, le « slow », comme une évidence.

Et si, contrairement à ce que l’on entend ça et là, tout n’était pas encore perdu ?!

Car en réalité, la seule vraie vitesse qui vaille pour l’Homme, n’est-ce pas la vitesse humaine ? 🙂

 
 
 
 
Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

   

Cet article vous a plu ?

  Guide      

Téléchargez gratuitement mon guide !

* indicates required

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.